Parfois, es-tu en train de t'inquiéter pour quelque chose qui pourrait arriver ?
Qu’alors ton mental carbure, et ton corps se tend douloureusement.
Peut-être qu’effectivement, il y a une ambiance intérieure qui secoue en silence, tel un glissement de terre qui met en mouvement tes fondations intimes.
Que ce à quoi tu te raccrochais, ta sécurité, perd en stabilité. N’est plus.
Alors tu doutes. Ton mental s’emballe vers des « et si… ».
Je t’invite à interroger le besoin profond qui émerge au-delà de la forme.
Lâcher la forme, c’est lâcher la prise. Pour rejoindre la profondeur. C’est ouvrir l’espace à la transformation.
La forme, c’est l’aspect matière. Le besoin profond, lui, n’est pas relié à une forme définie.
Il appartient au domaine du ressenti.
Prenons un exemple : mon besoin est de me sentir en sécurité. Si j’en projette une forme, elle peut prendre l’allure d’une stabilité financière ou affective. Si cette stabilité est mise à mal par des événements inattendus. Des changements de forme. Quelque chose s’écroule. Ce à quoi je me raccrochais n’est plus. Il reste le vide. La peur remplit l’espace libéré. Le mental s’affole. Le corps entre en tension. La qualité des pensées part en chute libre. Les stratégies de compensation s’invitent. En vain, car rien n’apaise tant que les profondeurs ne sont pas rencontrées.
Alors la tempête intérieure s’intensifie.
Dans le retour au calme, la rencontre avec la profondeur intérieure peut permettre l’écoute de ce qui doute. Souvent coloré par la plainte, l’impuissance. Relié au passé. Ce qui a été mais n’est plus.
Comment revenir au calme ?
En lâchant les ruminations sur la forme.
Se souvenir que les changements de forme sont aussi imprévisibles qu’indépendants de toute volonté de contrôle. L’imprévu, le changement font partie du jeu. Mais le jeu n’est pas contre soi. Il est pour soi. Ils sont au service de la rencontre avec Soi.
Se souvenir que, même quand tout semble s’écrouler, tant que la Vie apporte l’air nécessaire à sa continuité en soi, l’essentiel est préservé. Le reste n’est que la forme. Et interprétation chimérique de la forme. Soumise à l’impermanence.
Enfants, nous savions jouer. Nous empruntions des costumes pour incarner des personnages. Nous vivions des émotions aussi grandes que nos costumes nous y invitaient. Car ressentir, c’était ça, être vivant. Nous avions conscience que chaque jeu aurait une fin. Alors nous pouvions accepter d’endosser les personnages, sans crainte.
Adultes, on nous a projeté que c’était à nous de contrôler le décor, les costumes, les rôles, pour maîtriser le scénario et la qualité des émotions.
Chimère. C’est la Vie qui est à l’Œuvre. En nous, à travers nous.
Lâcher prise, c’est lâcher l’illusion. Rejoindre l’humilité, poser un genou à terre. Apprendre à traverser ce qu’on fuit. Par la rencontre avec ce qui tremble. Notre vulnérabilité. C’est apprendre à en prendre soin. Avec compassion, douceur, chaleureusement.
Là, le miracle s’opère, le ciel se dégage, le soleil réapparaît. Le courage de faire face, au mieux avec qui est proposé revient.
La forme proposée n’a pas changé. C’est notre regard, notre interprétation de cette forme qui a lâché.
Puisque « je » ne sais pas les formes à venir. Puisque « je » ne peux pas les contrôler. Puisque la seule chose que je peux faire, c’est m’en remettre à l’Amour.
En moi, depuis moi, pour moi… et tout le vivant autour.
De tout Coeur
💫💛💫
Karen